Vos parents insistent-ils pour vous présenter un
homme (ou une femme) qu'ils connaissent mais que vous n'avez jamais
rencontré ?
Votre entourage immédiat, qu'il s'agisse de votre famille,
de votre belle-famille ou de vos amis, exercent-t-ils une pression sur
vous pour vous faire accepter le mariage de votre fille (fils) ?
Il est possible d'échapper à un mariage forcé, réagissez !
«L'homme et la femme choisissent librement leur conjoint et
ne contractent mariage que de leur libre et plein consentement... »
Article 43 du Code des Personnes et de la famille (TOGO)
«Chacun des époux [...] doit consentir personnellement au
mariage. Dans le cas contraire, le mariage est nul et tout acte sexuel
imposé est un viol...» Art 44 du Code précité
Au Togo, le mariage est une union légitime d'un homme
et d'une femme reposant sur un échange de consentement contracté devant
l'officier de l'état civil et sanctionné par la loi dans ses conditions
de formation, ses effets et sa dissolution.
Bien que l'on dénombre plusieurs variétés de mariages
telles que le mariage blanc, le mariage des mineurs, le mariage in
extremis, le mariage posthume, le mariage putatif, ..., celui qui nous
intéresse est le mariage forcé.
En effet le mariage forcé est celui conclu sans le
consentement d'un (ou) des époux. Il a, donc, pour but de marier une
personne contre sa volonté.
Très souvent, c'est la famille qui impose le mariage à
un enfant mais aussi à une autre famille et bien sûr, ne respecte pas le
consentement de leur enfant. Parfois, les enfants ne veulent pas se
marier avec la personne que leurs parents ont choisie, ce qui a pour
conséquence des ruptures familiales.
Conformément à l'article 82-1 du Code des Personnes et
de la Famille, la nullité du mariage doit être prononcée lorsqu'il a
été contracté sans le consentement de l'un des époux. L'action en
nullité, est imprescriptible et, peut être exercée par le ministère
public, les époux eux-mêmes ou toute personne qui y a intérêt.
Cependant, la nullité est relative et l'action se
prescrit après six (06) mois de cohabitation à compter du jour où
l'époux a acquis sa pleine liberté lorsque le mariage est entaché de
vice de consentement. Dans ce cas, l'action en nullité appartient à
celui des époux dont le consentement a été vicié (combinaison des
articles 84, 85 et 86 du Code précité).
Si cette pratique odieuse est plus fréquente dans
certains milieux que d'autres, force est de constater qu'elle se trouve
malheureusement dans presque tous les pays au monde avec des
conséquences lourdes pour la victime.
En effet, elle est contrainte à des rapports sexuels
et des grossesses non désirés, des violences conjugales, une perte
d'autonomie et de liberté. Tous ces inconvénients la conduisent à des
dépressions nerveuses. Ces atteintes à l'intégrité et à la liberté
engendrent aussi des chantages affectifs, des séquestrations. Elle peut
aussi avoir des problèmes de logement, l'arrêt de ses études, des
problèmes financiers qui la maintiennent dans la précarité et la
pauvreté.
Au demeurant, le mariage forcé doit être distingué du
mariage arrangé ou du mariage de convenance qui est aussi appelé
«mariage d'affaire ». L'avantage attendu est une résidence légale
permanente dans un pays, ou de l'argent.
Encore faut-il souligner que l'ONU considère le mariage
forcé comme une des «pratiques analogues à l'esclavage » art 1 (c) de la
Convention supplémentaire relative à l'abolition de l'esclavage, de la
traite des esclaves et des institutions et pratiques analogues à
l'esclavage.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire