dimanche 19 mars 2017

LES VIOLENCES LIÉES À TOUTES FORMES DE MARIAGE FORCÉ



     Vos parents insistent-ils pour vous présenter un homme (ou une femme) qu'ils connaissent mais que vous n'avez jamais rencontré ?

Votre entourage immédiat, qu'il s'agisse de votre famille, de votre belle-famille ou de vos amis, exercent-t-ils une pression sur vous pour vous faire accepter le mariage de votre fille (fils) ?

Il est possible d'échapper à un mariage forcé, réagissez !
 
«L'homme et la femme choisissent librement leur conjoint et ne contractent mariage que de leur libre et plein consentement... » Article 43 du Code des Personnes et de la famille (TOGO)

«Chacun des époux [...] doit consentir personnellement au mariage. Dans le cas contraire, le mariage est nul et tout acte sexuel imposé est un viol...» Art 44 du Code précité
    Au Togo, le mariage est une union légitime d'un homme et d'une femme reposant sur un échange de consentement contracté devant l'officier de l'état civil et sanctionné par la loi dans ses conditions de formation, ses effets et sa dissolution.

    Bien que l'on dénombre plusieurs variétés de mariages telles que le mariage blanc, le mariage des mineurs, le mariage in extremis, le mariage posthume, le mariage putatif, ..., celui qui nous intéresse est le mariage forcé.

     En effet le mariage forcé est celui conclu sans le consentement d'un (ou) des époux. Il a, donc, pour but de marier une personne contre sa volonté.
    Très souvent, c'est la famille qui impose le mariage à un enfant mais aussi à une autre famille et bien sûr, ne respecte pas le consentement de leur enfant. Parfois, les enfants ne veulent pas se marier avec la personne que leurs parents ont choisie, ce qui a pour conséquence des ruptures familiales.

     Conformément à l'article 82-1 du Code des Personnes et de la Famille, la nullité du mariage doit être prononcée lorsqu'il a été contracté sans le consentement de l'un des époux. L'action en nullité, est imprescriptible et, peut être exercée par le ministère public, les époux eux-mêmes ou toute personne qui y a intérêt.

   Cependant, la nullité est relative et l'action se prescrit après six (06) mois de cohabitation à compter du jour où l'époux a acquis sa pleine liberté lorsque le mariage est entaché de vice de consentement. Dans ce cas, l'action en nullité appartient à celui des époux dont le consentement a été vicié (combinaison des articles 84, 85 et 86 du Code précité).

    Si cette pratique odieuse est plus fréquente dans certains milieux que d'autres, force est de constater qu'elle se trouve malheureusement dans presque tous les pays au monde avec des conséquences lourdes pour la victime.
     En effet, elle est contrainte à des rapports sexuels et des grossesses non désirés, des violences conjugales, une perte d'autonomie et de liberté. Tous ces inconvénients la conduisent à des dépressions nerveuses. Ces atteintes à l'intégrité et à la liberté engendrent aussi des chantages affectifs, des séquestrations. Elle peut aussi avoir des problèmes de logement, l'arrêt de ses études, des problèmes financiers qui la maintiennent dans la précarité et la pauvreté.

Au demeurant, le mariage forcé doit être distingué du mariage arrangé ou du mariage de convenance qui est aussi appelé «mariage d'affaire ». L'avantage attendu est une résidence légale permanente dans un pays, ou de l'argent.


Encore faut-il souligner que l'ONU considère le mariage forcé comme une des «pratiques analogues à l'esclavage » art 1 (c) de la Convention supplémentaire relative à l'abolition de l'esclavage, de la traite des esclaves et des institutions et pratiques analogues à l'esclavage.

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