lundi 20 mars 2017

Au coeur du livre: « le Pouvoir c'est Vous»

Il y a des créatures qui méritent l'exclusivité de notre temps pour nous livrer leurs plus profondes intimités et,  être agréablement pénétrées. De leur rang, se trouve "le Pouvoir c'est Vous", la dernière missive d'Alberto OLYMPIO.

     Vendredi,  23 septembre 2016, loin de toute occupation inutile et surtout rompant une fois encore la triste affirmation selon laquelle «le togolais ne lit pas», je me suis plongé dans les cent cinquante deux (152) pages du dernier chef-d'œuvre scripturaire du Parti des Togolais.

     En réalité,  après la préface de Laurent Bigot,  ex sous-directeur pour l'Afrique de l'ouest au Quai d'Orsay (ministère des affaires étrangères de la France), le triptyque nous livre ses entrailles : un an (I), il est temps de résister (II) et le Pouvoir c'est Vous (III).

I- Un an

     Parmi les vices de la société togolaise,  figure l'absence de compte rendu à la population. Comme pour rompre avec les vieilles habitudes contre-productives, Alberto, non seulement fait le bilan de son engagement politique mais aussi, explique les raisons de son retrait du processus électoral de 2015.
Ensuite,  l'auteur présente «l'Alternance comme seul rempart au chaos» avant de claironner qu'«il est temps de résister».

II-Il est temps de résister

     Face à une dictature,  on résiste. La résistance citoyenne est plus forte que l'oppression politique. Illustrant son idée par les exemples de résistances pacifiques de la Tunisie,  de l'Égypte,  du Sénégal et du Burkina-Faso,  Alberto propose l'histoire du Maître Singe de Lui-Ji avec à la clef,  cette très instructive conclusion : «Certains Hommes, dans le monde, dominent leur peuple par l'imposture et non par la justice. [...] Dès que leur peuple comprend la chose, leurs ruses ne fonctionnent plus.».

  Par ailleurs,  tout en remontant son origine aux citées grecques,  Alberto, appelle la Société civile à se mettre au service des citoyens, en cessant les relations très souvent incestueuses entre elle et les Partis politiques puis,  martèle que «le peuple périt en l'absence de vision». Et c'est par une vision claire et précise que le Pouvoir reviendra au Peuple.


III-Le Pouvoir,  c'est Vous

     Jamais,  l'orgasme intellectuel n'a  été aussi fort qu'au cours de la lecture de cette troisième partie.
     Commencée  par l'affirmation «la violence est notre pire ennemi», affirmation corroborée par les recherches de Mana J. Stephan et Enca Chonowelth : «...les pays qui ont connu une résistance non violente ont plus de 40% de chance de rester des démocraties cinq (05) ans après la fin de conflit. Par contre, les pays qui ont choisi la voie de la violence, ont moins de 5% de chance de devenir des démocraties stables et en état de fonctionnement» (Why Civil Resistance Word), la jouissance fut au rendez-vous, quand Alberto propose «l'humour comme antidote contre la peur» (la peur étant un des piliers des dictatures), avant de clamer: «Non, le Président n'est pas un "demi-Dieu"».

     Il achève par un appel vibrant à un engagement citoyen en écrivant : «Soyons la dernière ligne droite

     «Toujours en avant, jamais en arrière», Alberto semble comprendre l'hésitation d'une partie du Peuple togolais et répond comme ceci: «cela semble toujours impossible,  jusqu'à ce qu'on le fasse» Nelson R. MANDELA.

     Au delà de tout,  "Le Pouvoir,  c'est Vous" vient définitivement sonner le glas d'une génération caractérisée par des discours tenus uniquement dans les médias et au cours des meetings. Désormais,  la nouvelle génération, exige plus qu'un symbole et un slogan pour prétendre prendre la commande de leur destinée;  il nous faut, une Charte, un Manifeste ou un Contrat social, puisque, les paroles s'envolent,les écrits restent ;  voilà pourquoi,  c'est sans grande difficulté que les leaders de la génération finissante (qui par ailleurs avaient menés des luttes parfois appréciables) usent d'une versatilité déconcertante dans leurs prises de positions et stratégiques,  lesquelles erreurs ont amené une bonne partie de la population à baisser la garde.

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