Il y a des créatures qui méritent l'exclusivité de notre
temps pour nous livrer leurs plus profondes intimités et, être
agréablement pénétrées. De leur rang, se trouve "le Pouvoir c'est Vous",
la dernière missive d'Alberto OLYMPIO.
Vendredi, 23 septembre 2016, loin de toute occupation
inutile et surtout rompant une fois encore la triste affirmation selon
laquelle «le togolais ne lit pas», je me suis plongé dans les cent
cinquante deux (152) pages du dernier chef-d'œuvre scripturaire du Parti
des Togolais.
En réalité, après la préface de Laurent Bigot, ex
sous-directeur pour l'Afrique de l'ouest au Quai d'Orsay (ministère des
affaires étrangères de la France), le triptyque nous livre ses
entrailles : un an (I), il est temps de résister (II) et
le Pouvoir c'est Vous (III).
I- Un an
Parmi les vices de la société togolaise, figure
l'absence de compte rendu à la population. Comme pour rompre avec les
vieilles habitudes contre-productives, Alberto, non seulement fait le
bilan de son engagement politique mais aussi, explique les raisons de
son retrait du processus électoral de 2015.
Ensuite, l'auteur présente «l'Alternance comme seul rempart au chaos» avant de claironner qu'«il est temps de résister».
Ensuite, l'auteur présente «l'Alternance comme seul rempart au chaos» avant de claironner qu'«il est temps de résister».
II-Il est temps de résister
Face à une dictature, on résiste. La résistance
citoyenne est plus forte que l'oppression politique. Illustrant son idée
par les exemples de résistances pacifiques de la Tunisie, de
l'Égypte, du Sénégal et du Burkina-Faso, Alberto propose l'histoire du
Maître Singe de Lui-Ji avec à la clef, cette très instructive
conclusion : «Certains Hommes, dans le monde, dominent leur peuple par l'imposture et non par la justice. [...] Dès que leur peuple
comprend la chose, leurs ruses ne fonctionnent plus.».
Par ailleurs, tout en remontant son origine aux citées
grecques, Alberto, appelle la Société civile à se mettre au service des citoyens, en cessant les relations très souvent incestueuses entre elle
et les Partis politiques puis, martèle que «le peuple périt en l'absence
de vision». Et c'est par une vision claire et précise que le Pouvoir
reviendra au Peuple.
III-Le Pouvoir, c'est Vous
Jamais, l'orgasme intellectuel n'a été aussi fort qu'au cours de la lecture de cette troisième partie.
Commencée par l'affirmation «la violence est notre
pire ennemi», affirmation corroborée par les recherches de Mana J.
Stephan et Enca Chonowelth : «...les pays qui ont connu une résistance
non violente ont plus de 40% de chance de rester des démocraties cinq
(05) ans après la fin de conflit. Par contre, les pays qui ont choisi la
voie de la violence, ont moins de 5% de chance de devenir des
démocraties stables et en état de fonctionnement» (Why Civil Resistance
Word), la jouissance fut au rendez-vous, quand Alberto propose «l'humour
comme antidote contre la peur» (la peur étant un des piliers des
dictatures), avant de clamer: «Non, le Président n'est pas un
"demi-Dieu"».
Il achève par un appel vibrant à un engagement citoyen en écrivant : «Soyons la dernière ligne droite.»
«Toujours en avant, jamais en arrière», Alberto semble
comprendre l'hésitation d'une partie du Peuple togolais et répond comme
ceci: «cela semble toujours impossible, jusqu'à ce qu'on le fasse»
Nelson R. MANDELA.
Au delà de tout, "Le Pouvoir, c'est Vous" vient
définitivement sonner le glas d'une génération caractérisée par des
discours tenus uniquement dans les médias et au cours des meetings.
Désormais, la nouvelle génération, exige plus qu'un symbole et un
slogan pour prétendre prendre la commande de leur destinée; il nous
faut, une Charte, un Manifeste ou un Contrat social, puisque, les
paroles s'envolent,les écrits restent ; voilà pourquoi, c'est sans
grande difficulté que les leaders de la génération finissante (qui par
ailleurs avaient menés des luttes parfois appréciables) usent d'une
versatilité déconcertante dans leurs prises de positions et
stratégiques, lesquelles erreurs ont amené une bonne partie de la
population à baisser la garde.
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